Le non moins célèbre quotidien "Le Parisien"a fait de sa Une l'affaire des meurtres en série dans le quartier du Clos-Saint-Lazarre de Stains.
Rappelons qu'un soninké, mamadou diabira a été victime de cette spirale de violence.
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« Mamadou n'avait rien à voir avec ces histoires » d'apèrs un PROCHE DE LA 4e VICTIME, tuée à Saint-Denis.

A la douleur du deuil s'est ajoutée la colère. Celle de voir la mort tragique de Mamadou associée aux meurtres du Clos-Saint-Lazare. « On ne sait pas ce qu'il s'est passé mais ceci n'a rien à voir avec toutes ces histoires », vitupère l'un de ses proches.

Il préfère garder l'anonymat, pour se « protéger », puisque le meurtrier court toujours. Mamadou, 32 ans, a été tué par balles à Saint-Denis, dans une voiture. Comme Sory, Souleymane et N'Semi à Stains, il a été assassiné en plein jour. Comme eux aussi, il avait vécu au Clos-Saint-Lazare.

Mais les similitudes semblent s'arrêter là. L'enquête menée par la brigade criminelle ne fait aucun lien entre sa mort et les autres. « Mamadou avait vécu au Clos-Saint-Lazare mais il en était parti en 1998, raconte ce proche. Depuis un an, il avait ouvert un camion de sandwichs au Clos, mais sa vie dans les Hauts-de-Seine, où il habitait, se résumait à sa famille, son bébé de 4 mois et au PMU où il jouait un peu. »

« Il n'avait pas peur »

Cet ami raconte que Mamadou avait perdu son travail d'éboueur à la Ville de Paris à cause de son incarcération. A l'époque, il avait été condamné avec quatorze autres personnes pour un trafic de drogue dans le quartier d'Orgemont, à Epinay (Seine-Saint-Denis). « Il a toujours nié, poursuit son ami. On lui a aussi reproché son mariage fastueux alors qu'il avait été financé par les parents. »

C'est encore grâce à sa famille qu'il avait monté sa petite affaire de sandwichs. Les femmes l'aidaient à préparer les plats et les brochettes. « Il mettait sa console de jeux à la disposition des jeunes », raconte cet ami. Depuis les meurtres de mai, Mamadou avait délaissé son commerce ambulant. « Il n'y allait plus parce qu'avec les meurtres plus personne ne venait manger au camion. Mais Mamadou n'avait pas peur de sortir. S'il avait trempé dans un trafic, il ne se serait pas pris la tête avec ce camion misérable et si des gars de Stains voulaient sa peau, ils savaient où le trouver. » Le samedi de sa mort, il était au volant d'une voiture louée quelques jours plus tôt. Il n'avait dit à personne où il allait.
[ LE PARISIEN : Fait du jour ]
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« Un drame peut arriver tous les jours »
MICHEL BEAUMALE, maire de Stains

Le Maire communiste de Stains, Michel Beaumale, n'est pas resté sans réaction face à la série noire qui frappe le plus grand quartier de sa ville. Quelques jours après le deuxième meurtre, il a organisé une réunion publique avec plus de 300 habitants dans un gymnase du Clos-Saint-Lazare, puis une marche silencieuse contre la violence et enfin une rencontre en mairie avec les représentants de la justice, de la police, de la préfecture, des associations et des équipements publics. Une première.

Ces initiatives ont-elles fait avancer les choses ?
Michel Beaumale: Il s'agit de bandes très organisées, ce n'est donc pas à notre niveau qu'on peut lutter. Cela dit, depuis qu'on s'est fâché, je me sens enfin soutenu par l'Etat. Les moyens d'investigation ont été décuplés, il y a des patrouilles dans le quartier tous les jours, y compris à pied, le procureur de la République montre une détermination sans faille à éradiquer les trafics... On a également mis en place un soutien psychologique pour les habitants et les agents des services publics du quartier. Quand on travaille la peur au ventre, on peut comprendre que certains craquent.

Comment expliquer un tel déchaînement de violence ?
Je connais bien le Clos pour y avoir milité pendant de longues années. Ce n'est pas le Bronx. Il est attachant, solidaire, doté de nombreuses associations et services publics. Sans eux, la situation serait pire aujourd'hui. Car l'Etat y a laissé s'accélérer les phénomènes de ghettoïsation sociale et de paupérisation, la police de proximité a disparu... Ces dernières années, il n'y avait plus d'héroïne et de cocaïne, mais le « shit » s'est développé. Le retour des drogues dures est récent. Le trafic est tenu par quelques individus, dont certains sortent de prison. Et je me demande pourquoi on n'a pas pris de mesures pour les éloigner.

Craignez-vous que la série noire continue ?

Un drame peut arriver tous les jours. Il y a encore des jeunes qui courent avec des armes dans le quartier. On me l'a encore rapporté la semaine dernière. Il y a encore des menaces de vengeance et nous sommes assaillis de demandes de déménagement de familles qui ont des grands enfants et se sentent en danger... Pourtant, j'ai bon espoir que tout cela cesse. L'investissement de la justice, nos explications rassurantes, notamment sur le témoignage sous X, et les arrestations ont donné confiance à certains. La parole est en train de se libérer et davantage d'informations reviennent à nos oreilles.
[ LE PARISIEN : Fait du jour ]