Côte d'Ivoire: L'avion du Premier ministre Guillaume Soro attaqué
Eeeh ALLAH, qu'est-ce qui cloche avec nous, les africains ....:mad: >:( ?
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L'avion du Premier ministre Guillaume Soro attaqué
Une attaque a été lancée contre l'avion de Guillaume Soro alors qu'il atterrissait à l'aéroport de Bouaké. Il y a trois morts. Les tirs se poursuivent. Paris condamne un "lâche attentat".
Une attaque a été lancée dans la matinée du vendredi 29 juin contre l'avion de Guillaume Soro, le Premier ministre ivoirien, qui a été épargné.
L'attaque est survenue alors que l'avion atterrissait à l'aéroport de Bouaké, dans le centre du pays. Elle a fait trois morts dans la délégation, mais selon son conseiller spécial, Alain Lobognon, Guillaume Soro ne figure pas parmi les morts.
A Paris, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a aussitôt condamné, par un communiqué, un "lâche attentat".
Des tirs autour de l'aéroport
L'avion qui transportait le Premier ministre a été attaqué vers 10h30, heure locale (12h30 à Paris). Les forces de sécurité du Premier ministre ont répliqué par des tirs afin de sécuriser le périmètre de l'aéroport.
Ces tirs se poursuivaient à 11h30, entre l'aéroport et le centre-ville, où se trouve le quartier général de la rébellion des Forces nouvelles, que dirige Guillaume Soro.
Le Premier ministre se rendait à Bouaké pour y présider une cérémonie de lancement du redéploiement de l'administration judiciaire. Une quinzaine de magistrats l'accompagnaient.
Le redéploiement de l'administration dans la moitié nord du pays est l'un des principaux objectifs du gouvernement issus des accords de pais de Ouagadougou, qui prévoient la réunification d'un pays coupé en deux depuis cinq ans: forces gouvernementales de Laurent Gbagbo au sud; rebelles des Forces nouvelles de Guillaume Soro au nord.
Insatisfaction croissante
Guillaume Soro a été nommé Premier ministre début avril, après avoir signé l'accord de paix avec Laurent Gbagbo.
La presse ivoirienne a évoqué à plusieurs reprises l'insatisfaction croissante d'une partie de la rébellion, qui accuserait Guillaume Soro d'avoir trahi la cause des rebelles pour s'allier avec Laurent Gbagbo.
NOUVELOBS.COM
La dépouille du Caporal Diomandé Siaka voulait désigner son meurtrier
Obsèques officielles des victimes de l’attentat :
La dépouille de Diomandé a voulu parler
Le cercueil de l’ex-Caporal Siaka Diomandé a refusé, hier, au cours des obsèques nationales des victimes de l’attentat du 29 juin, à la Primature au Plateau, de partir sans avoir désigné son bourreau. Un spectacle plein de surprise et de frayeur.
Un cercueil qui refuse de partir, des militaires porteurs déroutés.
Scène surréaliste que celle vécue, hier, à la Primature au Plateau, au cours des obsèques nationales des 4 victimes de l’attentat manqué, le 29 juin dernier à Bouaké, contre le Premier ministre Guillaume Soro.
La dépouille mortelle de l’ex-Caporal Siaka Diomandé a, en effet, refusé pendant une trentaine de minutes de regagner le corbillard qui l’avait amené des heures plus tôt pour la cérémonie nationale.
Retour sur une scène pleine de stupeur et de sueurs froides.
Il est midi environ, le président Laurent Gbagbo, le Premier ministre Guillaume Soro, ainsi que les autres autorités civiles, militaires et familles des victimes sont installés.
L’on procède alors à la mise en place des 4 cercueils.
C’est sous la musique d’hommage aux morts de la garde républicaine que les porteurs vont successivement installer les dépouilles du chef de la sécurité du Premier ministre, l’ex-Lieutenant Drissa Ouattara, l’ex-Caporal Siaka Diomandé, le chef de protocole de la Primature, Sékou Doumbia, et son adjoint Souleymane Sérifou.
Une fois la mise en place faite, le secrétaire aux Affaires étrangères, chef de cabinet adjoint du Premier ministre, Largaton Ouattara, rappelle à l’assistance, au cours de l’oraison funèbre, que la cérémonie des obsèques aux victimes “témoigne de la reconnaissance de la nation ivoirienne à 4 de ses fils arrachés à son affection”.
Cependant, il a indiqué qu’au-delà de son “aspect tragique”, la cérémonie d’hommage aux morts de l’attentat du 29 juin dernier devrait être perçue comme “une occasion de célébrer la paix entre les fils du pays réunis autour des dépouilles mortelles”.
Après avoir rappelé le dévouement et l’abnégation des victimes au travail pour la nation, Largon Ouattara a demandé aux parents des victimes de “pleurer leur douleur” mais dans “la dignité”, car, selon lui, ces morts ont tant donné à la Côte d’Ivoire.
Finis ces hommages, le chef de cabinet adjoint du Premier ministre fait place au grand chancelier, Issouf Koné, pour la décoration à titre posthume des 4 victimes.
Ainsi, Siaka Diomandé est-il élevé au rang de Chevalier de l’ordre du mérite quand les trois autres victimes sont faites Chevalier de l’ordre national.
Les insignes et le drapeau national de Côte d’Ivoire sont remis par le Premier ministre aux familles des défunts.
Cette première étape des obsèques nationales achevée, l’on fait revenir les porteurs et les 4 corbillards se mettent en position pour la seconde partie dont un tour d’honneur au ministère des Affaires étrangères pour les deux membres du protocole que sont Sékou Doumbia et Souleymane Sérifou.
C’est là que tout va se gâter ! A cet instant, on assiste à une scène digne de ce qui se vit dans nos villages et autres contrées pendant les funérailles.
Alors que les porteurs des dépouilles mortelles des deux membres du protocole et du Lieutenant Drissa Ouattara n’ont pas de difficulté pour installer les cercueils dans les corbillards, ce n’est pas le cas pour ceux de l’ex-Caporal Siaka Diomandé.
Les porteurs de cet ex-soldat de 36 ans, après avoir dépassé la bâche présidentielle et celles des autorités civiles, ont du mal à poursuivre leur chemin au niveau de la bâche des autorités militaires ivoiriennes et des Forces impartiales.
Au début de cette scène surréaliste, certains ont pensé à une plaisanterie de mauvais goût de la part des porteurs quand d’autres se sont dit que ceux-ci n’ont pas voulu marcher sur le tapis rouge présidentiel.
Mais que non ! L’on s’est aperçu quelques minutes plus tard que c’est plutôt le cercueil de l’ex-Caporal Siaka Diomandé qui refusait de partir.
Les porteurs ne pouvaient plus faire de pas en avant avec la dépouille qui semblait les soumettre à une force irrésistible.
Elle a même réussi à les faire retourner pour se diriger vers la bâche des militaires ivoiriens et étrangers.
C’était au grand étonnement de toute l’assistance.
Le corps, en vérité, voulait désigner son bourreau qui vraisemblablement était sous une des bâches.
Mais qui ? L’on ne l’aura pas cette fois.
Car, avec les efforts conjugués des porteurs, les prières des hommes de Dieu présents et les injonctions d’un militaire, certainement versé dans les sciences occultes, qui suivait les porteurs, le cercueil a regagné difficilement le corbillard.
On pouvait entendre ce militaire dire ceci : “Va ! Laissez, il va partir.
Va devant.
Partez ! Allez !”.
Quand l’un des porteurs implorait le pardon du mort.
“Siaka pardon, ne fais pas ça.
Allons-y, ne fais pas ça”, criait-il.
En tout cas, l’heure était grave, hier, à la Primature.
Mais, l’occasion n’a pas été donnée au cercueil de désigner son bourreau.
Chose qui va encore alimenter les débats et autres commentaires.
Qui sait ? Peut-être que la dépouille de l’ex-Caporal aurait permis d’écourter les enquêtes en désignant les auteurs de l’attentat manqué contre Guillaume Soro.
Cependant, l’on peut le dire, le ou les bourreaux ont eu des sueurs froides hier.
Ouf ! Romarick N.
FOUA • Encadré Le tueur était-il parmi les officiels ? Le tueur était-il parmi les officiels? Nous avons tous vu.
Le Caporal Diomandé Siaka n’entendait pas s’en aller aussi facilement.
Hier, au moment d’entrer dans le corbillard pour aller à l’aéroport, son cercueil a joué quelques tours aux porteurs.
Dans nos traditions africaines, on dira que le mort voulait parler.
Siaka Diomandé voulait désigner ses assassins.
Ces scènes sont fréquentes dans nos villages.
Une personne qui n’est pas morte naturellement, lorsqu’elle est portée, se promène dans le village pour rechercher les sorciers qui l’ont tuée.
Et lorsque le cercueil rentre dans une cour et désigne son meurtrier, celui-ci est soumis à l’épreuve de vérité.
Il doit prouver devant la communauté son innocence en acceptant de se soumettre à certaines épreuves.
Chez les Bété, on connaît le fameux Gopo.
Cette plante mélangée avec de l’eau recueillie très tôt le matin qu’on met dans les yeux de l’accusé et de ses complices.
Leur souffrance est à la hauteur de leur culpabilité.
Chez le peuple Akyé, cela s’appelle “Fan”.
C’est, en fait, une sorte de fétiche fabriqué pour attraper les sorciers.
La pratique traditionnelle veut que quand le cercueil du défunt frappe trois fois une personne, sa culpabilité ne soit plus à prouver.
Dans les faits, l’accusé se place devant le cercueil et parle au mort.
Il lui demande de s’avancer jusqu’à lui s’il est à la base de son décès.
Le geste est répété trois fois.
Si le cercueil s’exécute par trois fois, il est coupable.
Très souvent et dans la pratique courante, le sorcier ainsi découvert est lynché par la foule.
Ses biens sont saccagés.
Mais, il arrive que malgré tout cela, des sorciers protégés par des membres de leur famille nient les faits.
C’est là qu’intervient le fan ou fétiche cité plus haut.
Ce fétiche est préparé par les deux familles.
Celle du défunt et celle du sorcier.
Le fétiche est composé de plusieurs choses prélevées sur le mort.
Cela peut être un bout d’ongle ou les cheveux.
Les familles sont convoquées tôt le matin par la notabilité sur la place publique.
Devant la communauté réunie en cercle, les parties du mort sont mélangées avec de la boisson forte ou de l’eau.
L’accusé doit boire la mixture tout en appelant sur lui la mort.
C’est une phrase précise dite par les anciens qu’il répète distinctement.
Tout en buvant la potion il doit dire : “Si c’est moi qui t’ai tué, que la mort me frappe sans attendre”.
Très souvent la vengeance des morts est terrible.
A la Primature, l’on a vu que le cercueil de Diomandé Siaka a tenté d’entrer sous une bâche où étaient les Généraux Fanci et Forces impartiales.
Si c’était au village, ces officiers auraient été appelés à s’expliquer devant le défunt.
Mais, les morts, dit-on, ne sont pas morts.
Ceux qui sont impliqués dans la mort des soldats Delta et Siaka sont prévenus.
L’épreuve de vérité interviendra.
Tôt ou tard.
Romaric Foua/Hervé AKACHE