Bonjour
Pour avoir eu la chance de traverser plusieurs villages soninkés, j'ai pu remarquer que la dispersion géographique des Soninkés était, jusqu'à une date récente, quasi nulle. Partout leur configuration spatiale est comparable : ils se regroupent généralement dans un seul et même quartier.
L'observateur attentif remarquera que cette configuration spatiale facilite la communication et la fréquentation entre les résidents soninkés, de même qu'elle leur permet de développer une certaine solidarité et cohésion lors des événements heureux (mariage, attribution des prénoms, construction...) ou malheureux (décès, incendie....). Elle permet par la même occasion aux enfants d'intégrer les logiques culturelles maternelles et de posséder aisément la langue soninkée.
Même dans le contexte migratoire, comme la France, où cette distribution spatiale est techniquement impossible, les Soninkés essayent d'optimiser la proximité des uns des autres pour atténuer la rigueur de l'espace sur leurs comportements, leur homogénéité. Ainsi, les Soninkés d'une même ville peuvent se constituer en associations, faire des tours, des tontines, bref créer d'autres logiques parentales et spatiales pour garder la cohésion de leur groupe. La vie dans les foyers reproduit en quelque sorte la même philosophie.
Pouvez-vous nous dire l'expérience que vous avez des quartiers soninkés dans lesquels vous avez grandi ou séjourné?