TV aujourd'hui sur France 3 à 23h35
Fatou, rescapée des incendies
Durée : 55 minutes
Sous-titrage malentendant (Antiope).
Stéréo
Auteur : Mireille Dumas
Le sujet
A travers l'histoire de Fatou, seule rescapée de sa famille lors de l'incendie du boulevard Auriol en 2005 à Paris, gros plan sur les conditions de vie des immigrés.
Née au Mali et habitant en France depuis 17 ans, Fatou, 20 ans, s'envole pour la toute première fois pour son pays d'origine pour l'enterrement de sa fille de 4 ans et de ses sept frères et soeurs, décédés dans l'incendie de l'hôtel du boulevard Vincent Auriol, à Paris, en 2005. Ces événements ont relancé le débat sur les conditions de vie de ces populations qui travaillent en France depuis plusieurs dizaines d'années. Comment l'habitat social a-t-il pu se détériorer à ce point ? A travers l'histoire de Fatou se dessine le portrait de l'immigration malienne.
La critique
Dans la nuit du 25 au 26 août 2005, le feu prend au numéro 20 du boulevard Vincent-Auriol, dans le 13e arrondissement de Paris. L'immeuble est insalubre. Cent trente personnes s'y entassent. Dix-huit d'entre elles dont 14 enfants vont périr dans les flammes. Toutes d'origine malienne, toutes en situation régulière. Beaucoup renouvelaient depuis des années leur demande d'attribution d'un logement HLM, sans résultat. Alors ils continuaient à vivre, entassés dans des chambres, où les rats venaient les visiter pendant leur sommeil. Les Diarra décidèrent d'enterrer leurs enfants au village. Comme le père, grièvement blessé, ne pouvait se déplacer, la mission d'accompagner les neuf cercueils (celui de sa petite fille, ceux de ses sept frères et soeurs, celui de son cousin) échut à Fatou, 20 ans. 75% des immigrés maliens viennent de la région de Kayes. Les Diarra sont originaires de la partie la plus pauvre, au nord, en bordure du Sahara. Sur ce continent qu'elle avait quitté toute petite, la jeune femme se sentit au début terriblement seule. Au chagrin s'ajoutait le sentiment d'être une étrangère. Aujourd'hui, elle habite à Paris un appartement à loyer modéré, dans le 18e; il n'aura fallu qu'une semaine pour qu'un logement se libère. «Pourquoi fallait-il attendre tant de morts pour être relogés, je voudrais savoir...»