Le ministre démissionnaire publie mercredi un livre au vitriol contre le candidat de l’UMP. Des extraits circulent déjà, qui provoquent la fureur des proches de Nicolas Sarkozy.
«Un mouton dans la baignoire». Dès le titre, une allusion aux propos tenus par Nicolas Sarkozy sur TF1 à propos de la fête musulmane de l’Aïd-el-kébir, le ton de l’ouvrage d’Azouz Begag est donné : haro sur le candidat de l’UMP.
Dans son livre, dont l’hebdomadaire Marianne publiera samedi les bonnes feuilles, l'ex-ministre délégué à la promotion de l’Egalité des Chances n’y va en effet pas de main morte avec son ex-collègue de l’Intérieur. Il revient notamment sur les émeutes de l’automne 2005, qu’il qualifie de «descente aux enfers».
Parce qu’il reproche à Nicolas Sarkozy d’avoir parlé de «racailles», une «sémantique guerrière», Azouz Begag raconte qu’il est violemment attaqué par les sarkozystes, qui demandent sa démission pour «absence de loyauté gouvernementale».
«Je vais te casser la gueule»
Mais Begag va plus loin, et met directement en cause Sarkozy. Il relate notamment un coup de téléphone, après qu'Azouz Begag a lancé lors d'une visite à Marseille : «Je ne m'appelle pas Azouz Sarkozy». Nicolas Sarkozy lui aurait alors «passé un savon tellement incroyable» qu’il n’a pu s’«empêcher de le consigner sur le champ».
Et le sociologue de citer le ministre de l’Intérieur d’alors : «Tu es un connard, un déloyal, un salaud ! Je vais te casser la gueule ! J'en ai rien à foutre de tes explications ! Tu vas faire une dépêche à l'AFP pour t'excuser, sinon je te casse la gueule», aurait crié Nicolas Sarkozy, avant de lui demander de «ne jamais plus lui serrer la main à l'avenir». Le ministre délégué raconte également le mépris que lui témoignent les proches du candidat de l'UMP. «Allez, fissa, sors de là ! Dégage d'ici, je te dis, dégage !», lui aurait ainsi lancé Brice Hortefeux le 11 octobre 2006, sur les bancs de l'Assemblée.
Selon Le Parisien, Azouz Begag regrette également dans son livre le peu de soutien que lui aurait offert Dominique de Villepin, dont il était pourtant proche. Le quotidien raconte également que Jacques Chirac et le premier ministre auraient demandé à Begag de retarder la publication de son ouvrage. Le ministre aurait fini par démarcher son éditeur, Fayard, pour obtenir un délai, mais trop tard. Azouz Begag, qui a annoncé son soutien à François Bayrou, a alors dû démissionner. Il veut maintenant reprendre sa pleine «liberté de parole».
François Fillon a taclé Azouz Begag vendredi, expliquant que ce dernier «n'avait jamais trouvé sa place dans le gouvernement» et regrettant que Dominique de Villepin ne lui ait pas demandé sa démission «bien avant».
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