"Je ne renie pas mes engagements socialistes" en acceptant le quai d'Orsay, affirme Bernard Kouchner, qui demande qu'on le "juge sur ses résultats".
"Le président de la République n'a pas imaginé que je devienne sarkozyste", explique-t-il. Et si ses "amis" le "prennent en flagrant délit de renoncement, je leur demande de me réveiller". Mais "ce temps n'est pas venu".

Si 66% des Français, et même 56% des électeurs de Ségolène Royal, estiment que Bernard Kouchner a fait le bon choix en acceptant de rentrer dans le gouvernement Fillon (sondage CSA : lire notre article), les critiques pleuvent dans son camp. François Hollande a même affirmé qu'il allait être exclu du PS (lire notre article). Du coup Bernard Kouchner se justifie dans une tribune au Monde (de dimanche).
Soulignant qu'il a voté pour Ségolène Royal "aux deux tours", et rappelant son engagement auprès d'elle lors de la campagne présidentielle, Bernard Kouchner estime que "cette étape est derrière nous". Son combat, rappelle-t-il, est celui d'un "homme libre, militant d'une gauche ouverte, audacieuse, moderne" pour la "social-démocratie française".
"On me jugera sur mes résultats"
De là, le poste qu'il a accepté, le ministère des Affaires étrangères, ne pose pas de problème idéologique, puisque, selon lui, il "n'est ni de droite ni de gauche". Et il "fait partie d'un gouvernement réuni pour agir et être utile à la France, à l'Europe et au monde". "Le président de la République n'a pas imaginé que je devienne sarkozyste", affirme-t-il rappelant que "certaines de mes convictions ne sont pas les siennes et réciproquement". Mais ces "changements de style, d'analyse et d'époque" annoncés portent "un beau nom : l'ouverture".
Quant à ceux de ses "amis" qui lui "reprochent ce nouvel engagement", il leur fait la promesse de ne pas renier ses idéaux. "S'ils me prennent un jour en flagrant délit de renoncement, je leur demande de me réveiller". Mais "je garantis que ce temps n'est pas venu". En attendant, "on me jugera sur mes résultats", conclue-t-il.
Le Darfour en priorité, l'Algérie sceptique
Et le nouveau ministre des Affaires étrangères s'est mis au travail dès ce samedi. Bernard Kouchner a tenu samedi, avec le nouveau secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, une réunion sur la situation au Darfour dont il entend faire l'une de ses "priorités", a annoncé son ministère.
En revanche, l'arrivée au quai d'Orsay de Bernard Kouchner, dont les positions lorsqu'il était dans le gouvernement socialiste sont jugées hostiles à l'égard de l'Algérie, risque de compromettre l'avenir des relations entre Alger et Paris, estimaient samedi des journaux algériens. Elle "risque de créer des turbulences dans les relations algéro-françaises", écrit ainsi le quotidien francophone Liberté.

Source : Gouvernement : Kouchner s'explique - Élections 2007