Une sans-papiers aurait été dénoncée par des employés municipaux
Les associations de défense des sans-papiers s'inquiètent d'une nouvelle étape franchie dans la lutte contre l'immigration clandestine. Une femme en situation irrégulière aurait été dénoncée par les services de la mairie du 5e arrondissement de Paris, où elle a inscrit son fils à l'école, en juillet dernier. Le document du commissariat, mis en ligne lundi 27 octobre par Réseau éducation sans frontières (RESF), mentionne le motif de sa convocation : "suite à l'inscription de votre enfant à l'école et votre situation alors irrégulière en France".
Bertrand Delanoë rappelle que "l'inscription des enfants n'est pas subordonnée à la régularité de la situation des parents et que les données recueillies auprès de ces derniers ne doivent en aucun cas comporter de mention relative à la régularité du séjour qui ne rentre pas dans la procédure d'inscription à l'école". Le maire de Paris ajoute qu'"une enquête administrative sera diligentée afin d'établir précisément les responsabilités de chacun dans la conduite de ce dossier."
Ce genre de pratique n'est pas exceptionnelle assure Brigitte Wieser, porte-parole de RESF interrogée par Libération, qui rappelle que "des dénonciations de ce genre sont assez fréquentes dans les villes de province… On a déjà vu par exemple des sans-papiers arrêtés à leur sortie de l'hôpital !" Pour le collectif RESF, il est évident qu'elle a été dénoncée à la mairie. Lors de l'inscription de son fils, l'employé lui avait demandé si elle avait un titre de séjour. RESF annonce qu'il l'accompagnera, jeudi 30 octobre, au commissariat.
Joint par L'Humanité, le maire du 5e arrondissement, Jean Tibéri, affirme ne pas vouloir "blâmer une fonctionnaire qui ne fait qu'appliquer l'article 40 de la loi du 3 décembre 1985". Celui-ci fait obligation aux fonctionnaires de porter à la connaissance du procureur tout ce qui peut être considéré comme un délit. "Ensuite, au procureur d'apprécier", ajoute Jean Tibéri.
Source: Une sans-papiers aurait été dénoncée par des employés municipaux - Société - Le Monde.fr