Lorsque j’ai lu le livre Mutilée, j’ai éprouvé de la peine et de la compassion pour l’héroïne lorsqu’elle raconte ses malheurs car comme tout le monde j’ai une capacité à m’émouvoir pour le malheur d’autrui et puis nous connaissons le processus d’identification du lecteur au personnage d’un roman.
Toutefois tout au long du roman je n’ai pu m’empêcher d’être gênée, embarrassée par quelque chose sans parvenir à définir pourquoi.
Bien que je ne doute pas de la véracité des faits évoqués par Khady ni de ses souffrances j’ai trouvé quelque chose de faux dans cet ouvrage. En effet dans la voix je n’avais pas le sentiment d’entendre parler une femme africaine mais plutôt un(e) occidental(e). Ce qui confirme la thèse émise par Marigatta Wagué (en privé) et par Fodyé sur le forum selon laquelle le livre aurait été écrit par un nègre, ce qui semble d’autant plus vraisemblable car elle ne maîtriserait pas parfaitement le français. Ce qui me permet également de dire cela c’est le vocabulaire employé, celui-ci était très fort, avec des notions assez dures et violentes, on était dans le registre de la dénonciation pure et simple.
Il y a la récurrence de termes comme « barbarie » et aussi la notion de liberté qui revient sans cesse. Quelquefois c’était agrémenté de ci de là de compliments sur la culture africaine mais malheureusement le coté négatif reste ce qui marque les esprits. Ça sent trop le déjà vu c’est ce que nous servent les médias au quotidien pour montrer le retard de certaines cultures (par exemple, comme l’a évoqué fodyé, le cas de la femme éthiopienne (qui casse du sucre sur le dos de l’islam à longueur de journée) dont je ne me rappelle pas le nom). Bien que je sois contre l'excision et d'autres pratiques qui je pense doivent cesser, j'estime qu'on ne doit pas s'associer à des personnes mal intentionnées ou qui ne comprennent pas le fond des problèmes et qui se servent du vécu d'une personne pour montrer du doigt sa culture.Comme le dit si bien un de mes cousins ça permet d'oublier les problèmes et les vices de la société dans laquells nous vivons
Et pour faire avancer les choses il y a d'autres moyens d'actions que le battage médiatique.
Finalement je peux même dire que le témoignage a été trop romancé. Avec la création d’un mythe de la chute autour de l’excision. En effet la vie semble paisible avant ce moment fatidique, et on à même l’impression que cette étape de l’excision conditionne toute sa vie future. Or cela ne relève que d’une construction étant donné qu’elle n’a pris conscience de son état de femme excisée et de la gravité de cet acte qu’en venant en France.
Bref dernier point qui m’a froissé on a le sentiment qu’elle n’est pas du coté de la « barbarie » et de la « criminalité », elle qui à pourtant laissé excisé ses filles, contrairement aux autres mères, elle « a été victime de son jeune âge et de la société, les autres non.
Pour finir (pour de vrai cette fois) moi je ne dirais pas aux gens de ne pas lire ce livre car j’estime que chacun à le droit de se faire sa propre opinion et puis c’est bien de savoir le contenu d’un livre pour pouvoir répondre aux critiques.