Posté par
Mamadou Lamine
Exemple d’un cas actuel parmi des milliers :
Le quotidien d’un esclave dans les zones urbaines de Mauritanie : Le cas de la petite fille esclave Hana Mint Mariye, le 23 avril 2009, devant le Préfet et Commissaire de Police de Tayarett - Nouakchott. Le cas de Hana Mint Mariye, a été introduit par le soins de l’ONG Sos-Esclaves conformément au Code de protection pénale de l’enfance qui confère aux ONGs. de défense des droits de l’Homme d’ester en justice au nom des mineurs victimes de pratiques prohibées par les lois en vigueur.
Les informations recueillies par le Préfet de Teyarett (Mohamed Ould SIDATI) et Ismaël, le Commissaire de Police de ce Département, qui ont interrogé le couple Abderrahmane Ould Dhurnurayne et Toumen Mint Dhurnurayne et leur victime Hana, certifient que Hana est née en l’an 2000, à un peu moins de 150 km au Sud de Nouakchott dans la localité de Naïm habitée par la fraction Oulad Khadjil, une branche de l’ensemble tribal Oulad Bieri dont est issue la famille Dhurnurayne.
Hana n’a pas de père connu comme toutes ses sœurs, ces dernières comme leur mère sont partagées comme esclaves domestiques dans les différents foyers de la famille Dhurnurayne. Comme toutes les femmes esclaves dans notre société, Mariyé et ses filles sont exposées, du fait du mode de vie et des mentalités, mais aussi du fait du code de l’esclavage du rite Malékite toujours en place, à l’abus sexuel par de multiples auteurs, et à un défaut de protection sanitaire lors des naissances.
Ainsi, l’absence volontaire de protection lors des relations sexuelles permet d’agrandir le troupeau humain puisque le statut d’esclave se transmet par la mère. Dans la nuit du mercredi à jeudi 23 avril 2009 à 23 heures dans les locaux de la préfecture de Tayerette, le premier quartier de la ville de Nouakchott (Capitale de la Mauritanie), le couple esclavagiste a reconnu que la petite Hana était un legs fait au couple lors de leur mariage.
Cette coutume esclavagiste séculaire continue à confiner une large population servile, féminine et mineure dans les travaux domestiques, la non scolarisation, et fait perdurer les pratiques de pédophilie. Ce phénomène perdure comme face hideuse et très visible du mode de vie des groupes dominants et esclavagiste assurés de l’impunité dans un Etat au sein duquel l’inégalité des races, des langues et des naissances est érigée en idéologie et en système de gouvernement.
L’audition de Hana Mint MARIYE:
- Je suis Hana, fille de Mariyé, je ne connais pas mon père, je n’ai pas de pièces d’Etat Civil, je ne sais ni lire ni écrire, je travaille pour mes maîtres Toumena et Abderrahmane et leurs enfants; l’un de leurs enfants a mon âge, ils vont à l’école.
- Je m’occupe des travaux domestiques, je fais la cuisine, je lave la vaisselle, je prends soins des enfants plus jeune que moi, je me lève la première, je me couche la dernière.
- Je dors dans la véranda alors que mes maîtres et leurs hôtes passe la nuit enfermés dans les chambres de la maison.
A la question «est ce qu’on a déjà touché à ton intimité ?» Hana rougie et baisse les yeux. Sur ce point, Sos-Esclave réclame du Procureur de la République une réquisition à médecin pour examiner légalement Hana mais c’est le refus catégorique du représentant du Ministère Public qui s’empresse de déclarer l’affaire : «une affaire familiale caractérisée par un important effort de bienfaisance du couple Dhurnayne envers la petite Hana».
Et le dimanche 26 avril 2009 à 12 heures, le Substitut du Procureur de la République de Nouakchott, Moustapha Ould Hamid Ould Saîd rendra la petite Hana à ses bourreaux (Abderrahmane et Toumena) qui sortirent triomphant du palais justice de Nouakchott. De plus, il faut signaler que le mari (Abderrahmane Ould Dhunuraye) et son frère (Ahmed), qui est actuellement installé en Arabie Saoudite, vivent aujourd’hui de façon prospère grâce au commerce d’esclaves qu’ils pratiquent entre la Mauritanie et les pays du Golf.
Ce commerce s’articule autour de trois points :
- Les arabes du Golf veulent des esclaves afin de les libérer pour absoudre leurs péchés, et ces mêmes esclaves sont repris par ces négriers mauritaniens pour être revendus à d’autres.
- Les personnes riches des Pays du Golf veulent aussi des femmes esclaves pour remplir leurs harems et satisfaire leurs appétits sexuels.
- Des enfants sont vendus afin de servir de jockeys pour les courses de chameau permettant de divertir les Emirs.
Ainsi, au final, nous avons un Procureur de la République qui acquitte cette famille après leur avoir rendu Hana, la jeune esclave. Cette famille reçoit les félicitations d’un représentant de l’Etat pour «leurs pratiques» de bienfaisance.
Mercredi 06 Mai 2009, à Aix-en-Provence
Info source :Birame Dah Ould Abeid