Bonjour
En plus de cette castration dont j'avais entendu parler aussi, il était question chez les esclavagistes de faire un lavage de cerveau, une sorte de tabula rasa par la science occulte aux enfants noirs ravis pour qu'ils ne retrouvent plus ni la route qui peuvent les conduire vers chez eux et qu'ils ne reconnaissent plus leurs propres parents. Au cours de mes recherches dans le Fouta, beaucoup des cas pareils m'ont été rapportés sur ce plan. On me disait que même si par miracle on retrouvait ces enfants, ils refusaient systématiquement de retouner chez eux. A Kaédi, un certain kissima sankounté (je connais sa famille et son nom, mais je préfère l'appeler de cette façon) de la génération de mon père, avait été retrouvé par ses parents. Il avait été conduit jusqu'à Kaédi. Mais, c'était trop tard, car il n'arrivait plus à s'accomoder de la vie de son lieu de naissance qu'est kaédi. Aprés quelques jours, il est retourné de lui-même chez ses maîtres ravisseurs. Il n'a plus jamais été retrouvé. Des cas tristes pareils sont légion dans nos contrées.
Oumar Kane en parle dans son article intitulé : "Les Maures et le Futa Toro au XVIIIe siècle", Cahiers d'Etudes Africaines, XIV-54, 1974, p.237-252.