Bonsoir!
Ces deux écoles ont longtemps été les espaces à partir desquels l'on obtenait les rudiments pour mieux pratiquer sa religion. Elles étaient les deux institutions d'où sortait toute l'intelligentsia soninkée. Des grands noms tels que Fodyé Salim Souwâré, Bâba Wagué, Boullayi Maréga, Maxan Siré Sylla, Bouna Tandjigora, Bakari Khanthio Dramé, Fodyé Abdoul Banna Wagué, Yéramakha Diagana, Fodyé Souwaré, Tocka Khoré Diagana et tant d'autres hommes de talant qui avaient eu à animer avec piété, pédagogie et dévouement ces deux écoles où l'on enseignait le Coran, la Théologie, la Sunna du Prophète SAW, la rhétorique arabe et soninkée, la poésie, et j'en passe. C'est incontestablement grâce à leurs enseignements que nos régions ont connu l'Islam au vrai sens du mot.
Ousmane Moussa Diagana, parlant de l'apport de cette université-maysi, écrivait : " La langue soninké, forte d'une rhétorique traditionnelle prise en charge par une tradition populaire et une tradition des maîtres de la parole, s'est nourrie d'une rhétorique nouvelle et d'une nouvelle élaboration discursive fondées sur la parole de Dieu. Celles-ci est, dirions-nous, la synthèse de la rhétorique orale et de a rhétorique arabe écrite. Elle est le topos normalisé, fixé et transmis"
En réalité, avec la lente disparition de cette université, on remarque chez plein de gens que l'on qualifie aujourd'hui, à tort ou à raison, de "savants" qui n'arrivent même pas à traduire correctement leurs pensées dans leur langue maternelle. Pour moi, c'est dommage que l'on accorde plus l'importance qui sied vraiment à ces écoles sans lesquelles nous ne serons peut-être pas versés encore dans l'Islam.
Qui peut nous en dire d'autres choses sur ces célèbres universités soninkées que l'on trouvait dans le Hayré, Damga, Fouta, Guidimakha, Diafounou...........?