Posté par
Cheikhna Mouhamed WAGUE
Oui, tu as bien fait de nuancer. Car en ce qui me concerne, j'ai encore le souvenir d'une M'bindane qui s'appelait Moulkhair Mint Sambé, une maure noire (haratine), que l'on pensait même que c'était notre grande sœur. Tellement qu'elle était bien traitée dans la famille, elle étaity restée jusqu'à nous apprendre à parler soninké. Elle avait vu toute ma fratrie naitre et grandir. Elle était comme l'ainée de mes parents. Décédée aujourd'hui, quand je l'ai vue par pur hasard, en 1994, à Nouakchott, il fallait être là pour savoir que les rapports entre une M'bindane et les enfants d'une employée peuvent être fraternels. on la considère toujours comme notre grande sœur. La famille était tellement triste lors de son décès. On dirait qu'on avait perdu un frère ou une sœur biologique. Paix à son âme. Et je t'assure que je connais de cas pareils à n'en pas finir à Kaédi et à Nouakchott où les M'bindanes n'ont plus jamais quitter leurs employés jusqu'à leur mariage, tant elles étaient bien payées, traitées, nourries et considérées comme membres à part entière de la famille.
Oui, je suis d'accord avec toi qu'il ne faut pas employer quand on en a pas besoin. Mais tu as bien fait de signaler le cas des filles qui vont à l'école. Moi, je prends le cas de ma famille à Kaédi. J'ai toujours vu mes parents prendre des domestiques, car mes grandes sœurs partaient à l'école et mes petites sœurs partent encore à l'école. Elles ne pouvaient pas tout faire dans la famille. A ce titre, la présence d'une M'bindane est indispensable dans la famille. Je ne pense pas que ça soit pour le gout de luxe que certaines familles ont recours aux services des domestiques.