[/QUOTE]Une immense clameur s’élève de l’ancien abattoir à cochons du 46, rue Saint-Denis, à Aubervilliers. Comme tous les dimanches, des centaines de Zaïrois et de Franco-Zaïrois élégamment vêtus prient et chantent dans ces salles interdites au public. Tout à leur ferveur religieuse, ces croyants, membres de l’Eglise évangélique du réveil ou de l’Eglise du Christ à l’oeuvre, semblent indifférents aux tuyaux qui pendent et aux poubelles qui s’amoncellent dans les couloirs du bâtiment.
Exaspérés, les riverains dénoncent cette situation qui dure depuis plusieurs années. « C’est l’enfer, résume une jeune femme qui tient à rester anonyme. Le pire, c’est le soir. Il y a plusieurs fêtes en même temps, des anniversaires, des concerts, des mariages… Ça boit beaucoup et parfois ça dégénère. » Il y a quelques semaines, un jeune Sénégalais, qui sortait d’un mariage, a pour une obscure raison été poignardé de sept coups de couteau par des Cap-Verdiens qui faisaient la fête dans une autre salle de l’abattoir. L’enquête est en cours.
La problématique est pourtant bien connue des autorités publiques, mais rien ne change. « En 2007, ma boucherie a brûlé. Ils ont arrêté de louer les salles. Mais depuis un an, c’est reparti comme avant », commente, à bout de nerfs, Abdelwahed M’Rabet, le patron de la boucherie voisine Viande à gogo.
En 2006, après de nombreuses procédures et visites de la commission de sécurité, la ville, après avoir constaté de nombreuses anomalies en termes de sécurité incendie (un seul escalier, pas d’alarme, pas d’éclairage de sécurité…), a pris un arrêté municipal de fermeture. « Cet arrêté court toujours. Il est du ressort de la police nationale de le faire appliquer », indique Evelyne Yonnet, première adjointe (PS) à Aubervilliers.
Reste que les sanctions des amendes, en l’occurrence ont un pouvoir de dissuasion limité. Le gérant, Taieb Jaieb, récemment condamné dans une affaire de marchands de sommeil, continuerait à louer ces salles au prix fort : de 1 000 € à 3 000 € la soirée, selon le voisinage. L’homme reste injoignable, mais l’un de ses collaborateurs assure que « les soirées, c’est fini » et qu’« une partie des églises est partie ».
Tous les articles de la rubrique
Le Parisien[/QUOTE]