Oui, Abdoulaye, tu sais ce genre d’actes sont très blessants, mais malheureusement, ils font florès dans le monde scientifique, entre autres domaines !
J’en ai personnellement et inélégamment été victime d’une réflexion pareille dans les locaux du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique).
En effet, lors des journées d’Etudes africaines/Etat des lieux et des savoirs en France, du 29 Novembre au 1er décembre 2006, je faisais, sans vanité, partie des intervenants. A ce titre, un badge a été remis à tous les intervenants. Déjà, quand je récupérais mon badge, j’ai vu que les regards qui se fusaient sur moi n’étaient pas de bonne augure. Mais, je me suis dit que peut-être que c’est moi qui me fais des idées. Aprés ma communication sur les migrations soninkées au Fuuta Tooro (Mauriatnie-Sénégal) du 18e siécle à nos jours, au deuxième jour, mon doute s'est confirmé : lors d’une pause café où tout le monde discutait, une dame, française sans doute, me pose la question suivante : Vous intervenez, vous aussi ? Et pourtant elle était bien dans la salle quand je faisais ma communication, car elle était légérement en face de moi.
Mais je n’ai même pas eu le temps de lui répondre que mes collègues et d'autres participants lui ont fait savoir l’incongruité de l’acte. Ils lui ont dit que sa question n’est rien de moins que l’expression d'une idée qu’un noir n’a pas sa place au CNRS. Finalement, je ne lui ai rien dit, sinon la regarder fixement avant de tracer ma route.
Je me suis dit, même dans le monde scientifique, où les gens sont censés faire taire toutes les différences au profit de la pertinence de l’objet d’étude, c’est bien dommage que des réflexions sournoises de cet acabit se font impuniment jour, surtout dans les locaux d’une institution comme le CNRS. Cela dit, tout le monde n'est pas raciste. Et cette barbarie n'est pas l'apanage d'une seule société.