Une fois, j'étais allé présenté mes condoléances à une personne qui avait perdu son père au bled. A mon arrivée, surprise, je trouve son petit appartement de type F1 bondé de monde. C'était l'heure de manger. les femmes mangeaient de leur côté et les hommes, isolés dans le salon, s'empiffraient d'un riz au poisson tout en se lançant des vannes de temps en temps; ce qui engendre spontanément des éclats de rires. J'étais triste pour cette personne qui avait perdu son père, et je ne comprenais pas la scène qui se déroulait sous mes yeux. C'était pourtant des vieux, tous avaient la 50aine passée. J'ai présenté mes condoléances et j'ai vite fait quitté les lieux. C'était en début d'après-midi.
Le soir, un ami m'appelle et me dit qu'il avait été présenter ses condoléances en début de soirée et qu'il avait été gêné par l'attitude de certaines personnes. Je lui demande des détails et je m'apperçois qu'il s'agissait des mêmes personnes que j'avais trouvées là-bas.. A mon avis, ils attendaient le dîner.
Bref, tout ceci pour dire que c'est triste, vraiment triste que les deuils soient devenus des fêtes, des moments de retrouvailles pour rigoler, etc...
Autre chose, le système est tellement bien ancré maintenant dans les moeurs que s'il y a un "baade" (deuil) , pardon une fête sans musique, dans un foyer et que monsieur X n'y va pas, le jour où monsieur X perdra un membre de sa famille, les autres ne vont même pas se déranger pour l'appeler au téléphone pour lui présenter leurs condoléances. Car, ils se diront que monsieur X ne se déplace jamais pour venir assister aux "baade" dans les foyers.