Origine aux États-Unis

En 1720, une centaine de pèlerins Puritains britanniques, pourchassés, fuirent vers les Pays-Bas. En juillet, ils rejoignirent tout d’abord Southampton puis Plymouth où ils embarquèrent à bord du Mayflower le 6 septembre, à destination de la Virginie. Après avoir accosté à Cap Cod (Massachusetts) en novembre puis exploré la région, les 102 colons installèrent la Colonie de Plymouth un peu plus au Nord et fondèrent la ville homonyme en décembre 1620. En raison de leur peu de connaissances agricoles et d’un hiver particulièrement rigoureux, la moitié d’entre eux ne survécut pas. Au printemps suivant, un Indien Wampanoag du nom de Squanto[3] entra en contact avec les immigrants et, avec sa tribu, leur offrit de la nourriture et leur apprit à pêcher, chasser et cultiver du maïs. Pour célébrer la première récolte, à l’automne suivant, le gouverneur William Bradford décréta trois jours de prière et de fête. Les colons invitèrent le chef Massasoit et 90 Indiens à partager leur repas, en guise de remerciement pour sceller une amitié durable et un pacte commercial. Des dindes sauvages et des pigeons furent servis à cette occasion[4].

Deux ans plus tard, la colonie célébrait à nouveau la fin des récoltes, mais rendant surtout grâce à Dieu. Cette fête devint très vite simplement religieuse, et toute référence aux Amérindiens fut rapidement oubliée, d’autant qu'après la mort du chef Massasoit qui garantissait la paix, les Wampanoag furent finalement exterminés en 1676.

La coutume de l’Action de grâce se répandit de Plymouth à d'autres colonies de la Nouvelle-Angleterre et pendant la guerre d'indépendance, huit jours de fêtes furent consacrés à remercier Dieu pour les victoires et la survie des rescapés. En 1789, le président George Washington proclama le 26 novembre jour de fête nationale. La même année, l’église épiscopale protestante annonça que le dernier jeudi du mois de novembre serait un jour de fête.


Le président Truman célèbrant l’Action de grâce.Pendant de nombreuses années, il n’exista pas d’Action de grâce nationale. Quelques états seulement instaurèrent un jour spécial. En 1830, l’État de New York instaura un jour d’Action de grâce et d’autres États du nord suivirent bientôt l’exemple. La Virginie fut le premier État du sud qui adopta la coutume.

En 1855, Sarah Josepha Hale, éditrice de « Godey’s Lady’s Book », travailla pendant plusieurs années pour promouvoir l’idée d’une Action de grâce nationale. Puis, en 1863, le président Lincoln déclara que le dernier jeudi du mois de novembre serait un jour de remerciements et d’éloges à Dieu.

Chaque année pendant 75 ans, le président des États-Unis décréta que l’Action de grâce devrait être célébré le dernier jeudi du mois de novembre. Cependant, en 1939, le président Roosevelt l’avança d’une semaine. Il voulait ainsi aider le commerce en rallongeant la période d’achats avant Noël. Le Congrès décréta en 1941 que l’Action de grâce serait célébré le quatrième jeudi du mois de novembre comme un jour férié légal. La fête de l’Action de grâce est l’une des plus chômées des États-Unis. Dans le commerce, le lendemain de l’Action de grâce marque le début de la période des achats de Noël et on le nomme Vendredi noir, car il est souvent considéré comme le jour de plus grande activité commerciale de l’année.