
En Soninké (12mn 59s) :
En Français (7mn 29s):
En Soninké (12mn 59s) :
En Français (7mn 29s):
L’animosité grandissante en Occident envers les musulmans ne se manifeste pas uniquement dans des sentiments négatifs ou des actes violents. Elle a des répercussions sur l’employabilité des personnes issues de cette communauté. Plusieurs expériences de demandes d’emplois avec des candidats fictifs ou des noms occidentaux remplaçant un nom arabo-musulman ont été tentées dans plusieurs pays occidentaux (technique de "Testing").
Le 22 février 2007, la plus importante entreprise agroalimentaire du Québec a été condamnée à verser 15 000 $ à un Montréalais d’origine marocaine qui a été contraint à se "baptiser" Marc Tremblay pour obtenir un entretien d’embauche [14]. Le même CV portant son vrai nom à consonance musulmane a été rejeté à quinze reprises entre 2000 et 2003. En 2004, une émission radio de la BBC a envoyé des demandes d’emplois de 6 candidats fictifs à 50 entreprises britanniques en utilisant des noms explicitement de race blanche, africaine ou musulmane [15]. L’expérience a montré que les candidats supposément musulmans traînaient en queue de peloton avec environ 3 fois moins de chance d’être invités à une entrevue que les candidats de race blanche (comparativement à 2 fois moins pour les candidats de race noire). Une démonstration similaire, réalisée par l’Observatoire des Discriminations de l’Université Paris I, a révélé que les maghrébins avaient 5 fois moins de chance que les français de souche d’obtenir une réponse positive [16].
La crise financière actuelle a non seulement fait surgir le spectre du protectionnisme, mais a aussi déterré les vieux démons de la préférence nationale dans l’embauche. La situation socioéconomique des immigrants en Occident, en particulier celle des musulmans, qui posait déjà problème en période de vaches grasses risque de faire les frais de ces temps de disette. Mais quel est le portrait de ces musulmans en terre d’Occident ?
L’Islam est la seconde religion la plus pratiquée dans le monde après le Christianisme.
Elle regroupe environ 1,2 milliard de fidèles principalement en Asie, en Afrique et en Europe. Il est très difficile de connaître précisément le nombre de musulmans en Occident, mais des estimations sérieuses peuvent le chiffrer aux alentours d’une vingtaine de millions très inégalement répartis à travers ses pays membres [1-7]. Ainsi, on remarque que quatre pays, en l’occurrence la France, les Etats-Unis, l’Allemagne et la Grande-Bretagne, regroupent plus des deux tiers des musulmans d’Occident. Le reste est disséminé dans les autres pays (fig.1).
"Malgré la crise, les pays doivent continuer à intégrer les immigrés, car ils font partie de leur économie"
Le télescopage entre la crise économique et les courants migratoires inquiète les trente pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Jean-Pierre Garson, chef de la division des migrations internationales de l'institution, s'est vu confier la rédaction d'un rapport sur le sujet, prévu pour le mois de juin.
Les travailleurs migrants sont-ils particulièrement frappés par la crise économique ?
La crise intervient dans un paysage singulier : ces dernières années ont été caractérisées par des flux migratoires très importants, avec un regain de l'immigration de travail. Les immigrés ont largement bénéficié des créations nettes d'emplois dans les pays de l'OCDE.
La crise inverse tout, selon la règle "dernier entré, premier sorti". Les immigrés sont plus touchés que les autres parce qu'ils sont concentrés dans les secteurs les plus exposés, dans les qualifications peu élevées, les emplois temporaires, les statuts précaires. Dans les premiers pays touchés, ils ont été très vite balayés.
Le patrimoine linguistique de l’humanité en péril :
Une langue sur près de six mille cinq cents que compte le monde meurt en moyenne toutes les deux semaines, constate l’UNESCO ;
50 à 90% d’entre elles pourraient disparaître au cours de ce siècle, prédisent, inquiets, les scientifiques ;
200 sur 2000 langues africaines sont en train de mourir.
Chez nous, au Burkina Faso, la menace est aussi palpable. Allez à Pensa, département situé à 90 bornes de Kaya. Là-bas, précisément dans les villages de Gorxoore, couramment appelé Bagkiemdé, Zinibéogo, Darheme, Boala ou Wapasi, est dispersée l’ethnie silanko, la plus petite communauté linguistique de notre pays.